L’Ecole des Femmes -
comédie de Molière.
Theatre du Nord-Ouest et La Compagnie de l’Élan

Vendredi 15 mai, 19h
(admission jusqu'à 18h50)
Admission spectacle
26 €
Pour tout renseignement, contactez :

Notes du metteur en scène: Marie Hasse
Molière se voulait tragédien. Avec ses derniers chefs d’oeuvre, il devient
l’authentique dramaturge de la comédie humaine. Dans L’École des
Femmes,il n’est pas un mot qui ne mérite d’être visité, pas une réplique
qui ne soit un gouffre. Le travail du metteur en scène n’est que d’entendre respirer les comédiens prononçant ces répliques, et de descendre avec eux jusqu’aux plus intimes profondeurs de ce dont elles résonnent.
Un homme d’une richesse et d’une intelligence hors du commun, Arnolphe, qui depuis toujours se refuse aux amours, conçoit un projet fou (de rationalité) : pour s’assurer de la fidélité d’une femme, il suffit de la cloîtrer, dès la petite enfance, au couvent, puis de la tenir à l’écart du monde et de ses usages, jusqu’au moment de l’épouser. Parfaite innocence, parfaite virginité jusqu’aux replis de l’âme, voici Agnès, la créature qui, recevant tout de lui, saura nécessairement (n’est-ce pas), sa vie durant, le mériter.
Mais de cette pureté dont il croyait pouvoir créer, tout artificiellement, les conditions, au mépris du mouvement de la vie, naît, par accident, le plus pur, le plus fulgurant, le plus vertigineux amour, le tout premier amour du monde, et voilà qu’il est pour le premier venu, ce jeune blondin de hasard, Horace, qui croyait ne faire que passer. Qui, à trop aimer, non plus, ne savait pas l’amour qui va le révéler.
Bien sûr, la pièce offre toutes les ficelles de la bonne comédie, le vieux barbon trompé, pris à son propre jeu, toussant, crachant sa déconvenue à mesure qu’il en apprend davantage, et l’intrigue regorge de tous les malentendus du monde et des quiproquos les plus savoureux. Et puis, il y a le dénouement, toujours, pour le meilleur, bien sûr, le vieil orgueil puni de s’être cru tout-puissant, bien justement puni, d’avoir voulu voler la liberté d’une toute jeune vie.
Mais si L’École des femmes est un chef d’oeuvre, c’est que tout cela n’est rien. Agnès aimait Arnolphe comme un père. Arnolphe voulait épouser une enfant. Arnolphe n’avait aucune idée de l’amour. Mais l’enfant découvrant l’amour avec Horace est devenue une femme. Et de cette femme amoureuse, Arnolphe, à ses dépens, s’éprend. Elle a aimé sans comprendre, elle va en apprendre les mots. Et prendre vie. Il va aimer sans comprendre, et ne plus reconnaître les siens. À en mourir. Car l’amour qui, dès lors, l’envahit, c’est celui qui expose. Lui qui ne s’était jamais exposé. Lui dont toute la vie se construisait pour ne pas s’exposer. Perdant Agnès, il perd une enfant, une femme, il perd Horace, son ami, son fils, et de sa blessure abyssale, au milieu d’une fin de comédie caricaturale dont il cesse presque d’être le personnage tant il se départit de ses peaux, coule enfin la plus pure, la plus absolue tragédie.
Présentation du Théâtre du Nord-Ouest
Fondé il y a près de trente ans, ouvert à tous, le Théâtre du Nord-Ouest
s’est construit sur quelques principes : mettre le comédien devenu
personnage au centre de l’expérience théâtrale, pratiquer un théâtre
d’incarnation, faire fi du superflu, favoriser la rencontre entre artistes et
public.
Les auteurs vivants ont les plus grandes difficultés à être joués. Les jeunes metteurs en scène ont le plus grand mal à convaincre les directeurs de théâtre d'accueillir leurs spectacles. Être joué ou jouer se réduit souvent à un problème d’argent. Le Théâtre du Nord-Ouest a été créé pour lutter contre cela.
Les compagnies de théâtre accueillies en ses murs ne reçoivent qu’une consigne : chercher. Chercher sans relâche l’homme qui se cache sous les textes qu’elles présentent, chercher les détails révélateurs de l’âme humaine qu’ils contiennent, chercher leur sens profond. On ne demande pas à ces compagnies de garantir une recette minimum, on leur demande une exigence artistique.
Le théâtre propose depuis sa création des intégrales d’auteurs : dernièrement, Ibsen, Tchekhov, puis tout Shakespeare, puis tout Molière pour les 400 ans de sa naissance. 2026 sera consacrée à une intégrale de Musset.
La Compagnie de l’Élan
Fondée en 1968 par Jean-Luc Jeener, alors qu’il est encore au lycée, la Compagnie de l'Élan s’inaugure avec Dom Juan de Molière, présenté au lycée Janson de Sailly à Paris, suivi de créations originales, comme Histoire de Roi ou Les Méfaits de Tchekhov.
À partir de 1976, elle s’attache pleinement à la création d’auteurs contemporains et à la représentation de dramaturges alors peu connus en France – dont Wole Soyinka - qui sera le premier africain à recevoir le Nobel de littérature. En 1986, la compagnie s’installe à la Crypte Sainte-Agnès, sous l’Église Saint-Eustache, à Paris, lieu propice entre tous à la communion, au dépouillement et à l’austérité. Tout en poursuivant la création de pièces contemporaines, c’est aussi dans cet esprit qu’elle s’empare du répertoire classique.
Son histoire se poursuit depuis 1997 au Théâtre du Nord-Ouest, fondé par Jean-Luc Jeener.



AGNÈS, jeune fille innocente, élevée par Arnolphe: Héloïse Cunin
Ayant découvert très tôt le métier d'actrice et incarné le rôle de Lola en 2007 dans le film L'Empreinte de Safy Nebbou, entourée notamment de Catherine Frot et Sandrine Bonnaire, elle suit les Cours Simon en formation loisirs jusqu'à sa majorité puis la formation professionnelle jusqu'en 2020. Elle est également formée au chant et à la danse en parallèle de son master de cinéma et audiovisuel. Elle s'est pleinement engagée dans la vie artistique : cinématographique d'une part, en jouant dans de nombreux courts-métrages, et théâtrale d'autre part, en interprétant entre autres Cressida dans Troïlus et Cressida, Titania dans Le Songe d'une nuit d'été, Magdelon dans Les Précieuses ridicules, Cordelia dans Le Roi Lear, Chérubin dans Le Mariage de Figaro, Louison puis Toinette dans Le Malade imaginaire, Angélique dans George Dandin, et encore Charlotte dans Dom Juan et Ophélie dans Hamlet.
ARNOLPHE, autrement M. DE LA SOUCHE: Jean-Luc Jeneer
Jean-Luc Jeener est un auteur, metteur en scène, acteur et critique de théâtre français né le 5 mars 1949. Il est l'auteur d'une quarantaine pièces de théâtre, la plupart publiées et jouées. Depuis 1997, il dirige le théâtre du Nord-Ouest à Paris.
Dans ses mises en scène, domine la recherche d'une vérité psychologique des personnages.
Âgé seulement de dix-huit ans, Jean-Luc Jeener fonde La Compagnie de l'Élan en 1968 en représentant le Dom Juan de Molière. Mais ce n'est qu'en 1976 que la troupe acquiert une existence officielle sous la co-direction de Jean-Luc Jeener et Éric Laborey. Elle se produit d'abord avec des moyens modestes dans différents lieux parisiens (Conciergerie, théâtre Essaïon, etc.), alternant spectacles pour enfants et œuvres plus ambitieuses, comme L'An Mil (1980) à la Cité universitaire. Sont également représentées les premières pièces de Jean-Luc Jeener (Le Rachat, Histoire de Roi, Les Méfaits de Tchekhov) ainsi que les œuvres de dramaturges alors peu connus en France, dont Wole Soyinka (Le Sang fort en 1977 et Les Gens des Marais en 1979), futur lauréat du prix Nobel de littérature. On trouve alors parmi les familiers de la compagnie, Yasmina Reza, Pascale Roze, Dominique Economidès et Élisabeth Tamaris.
Malgré la mort prématurée d'Éric Laborey en 1982, à l'âge de 32 ans, Jean-Luc Jeener poursuit l'aventure. En 1986, la Compagnie s'installe à la crypte Sainte-Agnès, sous l'église Saint-Eustache. En neuf ans, Jean-Luc Jeener y met en scène une dizaine de spectacles, le plus souvent des grandes œuvres du répertoire : Phèdre, Bérénice, Bajazet, Le Misanthrope, Tartuffe, Le Cid, Le Roi Lear, etc.
En juin 1997, il crée avec des amis comédiens le théâtre du Nord-Ouest qu'il dirige depuis lors.
Depuis son ouverture, le théâtre du Nord-Ouest a accueilli dans ses deux salles plus d'une centaine de créations, et Jean-Luc Jeener y a mis en scène lui-même une cinquantaine d'auteurs. En alternance avec des saisons consacrées à des thèmes de réflexion contemporains, le théâtre du Nord-Ouest propose des saisons consacrées à l'intégrale de l'œuvre de grands dramaturges comme Racine, Molière, Shakespeare, Victor Hugo, Henry de Montherlant ou August Strindberg.
Il est l'auteur d'une quarantaine de pièces de théâtre, parfois sur des personnages historiques (Mahomet, Jeanne d'Arc, Gilles de Rais, Arius, Clovis...), plus souvent sur des événements ou des thèmes de débat contemporains. En tant qu'auteur, il a pour dessein de nourrir la réflexion des spectateurs et de les laisser se forger leur propre opinion.
Ses pièces de théâtre, ancrées dans le réel et le quotidien des personnages, ont été saluées et préfacées notamment par Laurent Terzieff, Robert Hossein, Emmanuel Dechartre, Francis Huster ou Yasmina Reza.
GEORGETTE, paysanne, servante d’Arnolphe: Anne Langlois.
Comedienne formee aux Cours Florent, Anne Langlois est agregee de Lettres Modernes et elle aime entrecroiser sa passion pour les textes et le spectacle.
Au theâtre, elle a interprete les textes les plus classiques tels que ceux de Shakespeare
ou de Molière dans le cycle consacre à ces auteurs au Theâtre du Nord-Ouest mais aussi des
pièces plus contemporaines comme Ciberia de Fidel Pastor Sanz ou Le test de Lukas Barfüss.
Dans un registre intermediaire, mais toujours litteraire, elle a incarne les personnages feminins
de Quartet, de Heiner Müller et la reine Herodias dans Salome d'Oscar Wilde ou celle de
Pologne dans Ubu-roi d'Alfred Jarry ; elle a recemment interprete Mary Shelley dans
Frankenstein au Theâtre Montmartre Galabru. En parallèle, elle a adapte des nouvelles de
Tchekhov et de Colette ainsi que le roman Bel-Ami de Maupassant, Les Charites d'Alcippe de
Marguerite Yourcenar ou L'ecriture comme un couteau d'Annie Ernaux. Après avoir joue, à
guichet ferme pendant deux ans Juste la fn du monde de Jean-Luc Lagarce, elle incarne une
sœur janseniste dans Port-Royal de Montherlant qui participe au Festival des Theâtres de
Bourbon en août 2024. En 2025, elle est Malcy dans la creation de Remi de Monvel
et, au Bistrot-Theâtre St Germain à Paris, H1 dans `Pour un Oui ou pour un Non` de Nathalie
Sarraute.
C’est aussi au cinema qu’elle s’est exprimee. D’abord, dans le long-metrage franco-russe
de Sasha Adabaschian, Mado, Poste-restante, puis en tenant, aux côtes de Moussa Maaskri le
premier rôle feminin de la comedie d’Alex Metayer Mohammed Bertrand-Duval. Elle a ensuite
interprete Sophie dans Entre les murs de Laurent Cantet qui a obtenu la Palme d’Or à Cannes
ainsi qu’un Cesar. En 2024, elle a joue avec Florence Loiret-Caille dans La recreation de juillet de
Pablo Cotten et Joseph Roze, eligible aux Cesars 2025 et dans la mini serie d'Ingrid Franchi, Les
Lucioles. En 2026 sortira le long-metrage Josèphe d'Anaïs Aidoud où elle joue aux côtes de
Joey Starr, Catherine Jacob et Pierre Richard. Elle a tourne dans plusieurs courts-metrages dont
deux en post-production.
En 2020, elle a reçu le Prix de la Femme d'infuence dans la categorie « culture ». En
2024 elle reçoit les Palmes Academiques.
HORACE, amant d’Agnès : Rémi de Monvel
Comédien et metteur en scène issu du conservatoire de Poitiers, il a enrichi sa formation au cours Cochet durant trois ans. Depuis 2015, on a pu le voir sur scène dans plusieurs rôles : Cléante dans L'Avare de Molière, Treplev dans La Mouette de Tchekhov, Hamlet dans le rôle-titre sous la direction de J.L. Jeener, mais aussi dans Le Mystère Esméralda et Le véritable Saint Genest à Avignon ou encore Horace dans L'école des femmes, Sganarelle dans Dom Juan et Perdican dans On ne badine pas avec l'amour... Il s'est particulièrement démarqué en tant que metteur en scène et auteur, avec notamment sa version inédite de Scapin en 2016, située au coeur de la mafia, sa direction d'Iphigénie en 2017, avec la création de l'écriture à la scène de Mia Lisa ou La joie revient toujours à l'affiche du théâtre du Gymnase en 2019/2020 et Folie Théâtre en 2024, la création de deux comédies : Nous échangerons nos anneaux à Saint-Jean-Pied-de-Port, dans les coulisses de l’Opéra et Inclusives, comédie policière et satire sociale. Dernièrement auteur et réalisateur d'un moyen-métrage conçu en début d’année 2025 et tourné fin août 2025 à côté de Poitiers, Si mon songe ne ment.
CHRYSALDE, ami d’Arnolphe: Philippe Ariotti
Après des études d’art dramatique et lyrique, Philippe se tourne vers le métier d’acteur (cinéma, télévision, théâtre). Il participe également à de nombreux doublages pour le cinéma et la télévision. Il est connu pour être la voix française de deux personnages emblématiques de Dragon Ball : Piccolo et Freezer. Homme de théâtre, il a, depuis 1966, plus de cent rôles principaux à son actif en Opérettes et Opéras à Paris et dans les principaux théâtres de province : La Mascotte (Rocco), Torquemada (L’heure espagnole), Le Bailli (Les cloches de Corneville), Madame Butterfly (Goro), Les contes d’Hoffman (Franz), etc. Il est également auteur et spécialiste du cinéma français d'avant-guerre, conférencier, animateur de ciné-club et cofondateur de la maison de disques Tiffany's.
ALAIN, paysan, valet d’Arnolphe: Christophe Rouillon : Depuis ses débuts, Christophe cultive l’art d’être un véritable « couteau suisse » du théâtre, convaincu que le jeu se nourrit de la maîtrise de multiples disciplines.
Comédien multilingue (français, anglais, espagnol), il s’est formé au masque, au clown et aux chorégraphies de combat (boxe, escrime), enrichissant ainsi une palette de jeu physique et expressive. Guitariste et passionné d’écriture, il explore aussi bien les grands classiques ; Shakespeare, Molière que les écritures contemporaines.
Parallèlement à son travail de scène, il transmet cette polyvalence à travers l’enseignement théâtral et la formation en entreprise, animé par un profond désir de partage et de transmission de l’art du jeu.
